
Le 6 mai dernier, l’espoir qui était le mien a fait place à une grande tristesse mais aussi à une grande inquiétude.
Grande tristesse d’abord pour n’avoir pas pu aller au bout du grand projet de rénovation de la République que Ségolène ROYAL portait, défendait et qui l’animait.
Cependant, derrière la tristesse de la défaite, j’ai pu mesurer la qualité de la participation des citoyens et leur profonde attente d’une démarche et de comportements politiques renouvelés.
Grande inquiétude également, car derrière la victoire de Nicolas SARKOZY et sa capacité à utiliser toutes les références (y compris Jean JAURES) ou à organiser des ralliements de dernière minute, se cache mal une droite fière de ses valeurs les plus conservatrices, affichant ses choix les plus libéraux sur le plan économique et social et un autoritarisme sans scrupule.
Bien que le candidat SARKOZY l’ait dissimulé quelques temps avant l’élection, ni la dureté de son programme, ni celle de ses méthodes, et encore moins le mélange du politique avec les pouvoirs financiers et médiatiques n’a bien sûr pas été modifié par l’élection. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les premières heures et les premiers jours du président élu : le dîner au Fouquet’s le soir de l’élection, les fréquents allers-retours au fort de Brégançon, ou le voyage sur le yacht d’un des plus riches patrons français ne peuvent pas être le fruit du hasard mais bien un choix clairement affiché !
Mais nous avons encore la possibilité de contrebalancer ces risques. En cela, les prochaines élections législatives sont essentielles pour retrouver une république équilibrée et impartiale.
La gauche, les démocrates et les socialistes en tout premier lieu, doivent disposer d’une représentation parlementaire conforme à leur poids réel dans le pays.
Encore faut-il que nous soyons, du côté du Parti socialiste comme de la gauche, en capacité de nous remettre en question, sans pour cela se déchirer.
Se remettre en question, à mes yeux, ce n’est pas démolir, en accusant l’autre de tous les maux pour s’exonérer soi-même.
Se remettre en question, c’est, au contraire, s’engager dans le chemin de la réflexion et de l’action pour poursuivre la rénovation que les socialistes ont engagé, notamment grâce à Ségolène ROYAL.
Si cette démarche n’a pu aboutir, c’est d’abord parce que nous l’avons trop tardivement engagée, et ce serait aujourd’hui une grave erreur de renouer avec les vieilles pratiques et les vieux schémas de pensée.
Si nous voulons respecter les 17 millions de Français qui ont fait confiance à notre candidate, nous devons dépasser nos batailles habituelles, oublier nos anciennes chapelles et surtout poursuivre le renouvellement des idées, qui donnait corps au pacte présidentiel.
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