Photo de Diane Grimonet
Le gouvernement a annoncé il y a moins d’une semaine, qu’il souhaitait voter une loi sur le droit au logement avant fin février.
Pendant ce temps, trois personnes sans domicile fixe ont trouvé la mort, ces derniers jours, à Creil. Quelles que soient les raisons médicales ayant provoqué ces décès, j’en éprouve une très profonde tristesse.
D’abord parce que je constate que le gouvernement actuel a choisi de répondre dans l’urgence à un problème récurrent et prégnant de notre société, choisissant un traitement bâclé de la problématique du logement en France, qui pourtant se pose à lui de la manière la plus évidente, notamment depuis l’expulsion du « squat » de Cachan, décidée par le Ministre de l’Intérieur.
Creil, depuis des décennies, favorise une politique de construction et d’aménagement qui, jusqu’à aujourd’hui, permettait au plus grand nombre, et particulièrement aux foyers les plus modestes, de se loger dans des conditions décentes. Malheureusement, cette politique connaît aujourd’hui ses limites :
- Saturation dramatique du parc locatif social, conduisant à un allongement considérable du temps d’attente pour des familles ayant pourtant un besoin impérieux de logement,
- Parcours résidentiel verrouillé, empêchant les locataires de HLM qui le souhaiteraient, ou le pourraient, d’investir à bon marché près de chez eux, situation qui conduit à bloquer le renouvellement des occupants des logements sociaux,
- Concentration à Creil et dans son agglomération, des foyers les plus modestes, ce qui a pour conséquence une paupérisation de ces secteurs.
Je regrette que les vraies questions ne soient pas posées par le gouvernement, et que quelques associations valident ses annonces démagogiques et inconséquentes. La première des solutions serait d’appliquer l’obligation des 20% de logements sociaux à toutes les communes.
D’ailleurs, dans notre région, il n’est pas humainement possible de se contenter de ces 20%, et inacceptable que Creil soit considéré comme le seul recours pour ces familles dans le besoin, qui dormiraient dans la rue sans l’engagement des bailleurs sociaux et la politique de l’habitat de certains élus locaux.
De même, il est inadmissible, pour l’Etat, de se décharger sur les collectivités d’une garantie qu’il souhaite lui-même constitutionnaliser : le droit au logement. Pas plus les communes que leurs Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ne pourront assumer cette responsabilité.
Ce n’est pas à ces collectivités d’assurer le respect d’un droit constitutionnel, si tel devait devenir le droit au logement.
Ces trois hommes morts dans nos rues auraient mérité une toute autre sorte de considération qu’un texte bâclé, voté dans l’urgence et ayant pour seule vocation l’ambition politique des membres du gouvernement. Il ne répond pas à la saturation des centres d’hébergement d’urgences, aux manques de moyens des secours, bénévoles et associations d’entraide, au manque d’offres de logements sociaux aux loyers abordables pour tous et au désengagement de certaines communes sur ce point.
Je souhaite qu’au niveau communal, mes collègues et moi-même poursuivions nos efforts pour une meilleure offre de logements pouvant bénéficier à tous grâce à :
- Un rééquilibrage des offres publiques et privées,
- Une meilleure répartition des logements sociaux sur le territoire de la commune,
- L’éradication du logement indigne,
- Un soutien renouvelé aux Compagnons du Marais et aux autres structures d’aide sociale pour leur action et leurs projets,
- Une aide administrative soutenue, dispensée par le personnel du CCAS à destination des plus démunis, pour l’établissement et la transmission des dossiers de demandes de logements aux bailleurs sociaux.
Nous ne pouvons qu’espérer, conformément aux compétences qui sont les nôtres, et aux côtés des plus défavorisés, que l’Etat assume ses fonctions régaliennes en termes de respect de la personne humaine, et qu’il se porte entièrement garant de ce nouveau droit constitutionnel que pourrait devenir le droit au logement.
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